Les voies cyclables autour des calanques de Piana

Cette portion de littoral occidental. Située entre Calvi et Ajaccio, propose une succession de golfes grandioses. De plages en rochers, du maquis en forêts, c’est une véritable polyphonie de teintes.

De porto au pont de porto

Baigné par le bleu soutenu des eaux méditerranéennes, ce golfe est encadré par le cap Rouge et l’avancée de Scopa. Le vent d’ouest apporte régulièrement un ressac revigorant qui fouette l’imposant rocher où se cramponne une tour génoise carrée. Juste à côté, un musée décrit les usages de l’abondante bruyère, alors que l’aquarium de la Poudrière offre les poissons emblématiques de la région. Hôtels et villégiatures se succèdent le long de l’unique rue. De la marine, on peut voguer au nord en direction du golfe de Girolata, mitoyen de l’incroyable réserve naturelle de Scandola (1900 ha), à la fois marine et terrestre. À partir de 1975, cette presqu’île volcanique sert de refuge à 450 sortes d’algues et à 125 sortes animales. Ici on y trouve le mérou et le denti.

Les voies cyclables autour des calanques de Piana

Au sud, le spectacle des calanques de Piana, au ras des flots, est également prodigieux. Le terme de montagne dans la mer prend tout son sens en grimpant en direction du splendide bourg perché d’Ota. Les hautes et épaisses demeures traditionnelles se serrent près de l’église baroque datant du 18ème et recelant de superbes peintures. En contrebas, le pont génois de Pianella enjambe le torrent de Porto. À l’entrée des gorges de la Spelunca, on délaisse la chaussée départementale, qui grimpe en direction des châtaigneraies d’Evisa et le Vergio (1477 m), plus haut col routier de Corse. Suit une grisante descente animée par la divagation de quelques vaches, chèvres ou cochons, avec au loin Ota, qui s’étire langoureusement au pied des crêtes d’Andatone et de Larata.

Du pont de Porto à Piana

À partir de cet instant, il est difficile de s’égarer car, jusqu’au bout de l’aventure, on empruntera à vélo, la même chaussée côtière. De nouveau, on s’élève, pour surplomber la plage de galets et le bois d’eucalyptus de Porto. La Corse du Sud vous accueille au modeste pont de Calonica. On s’enfonce sous les pins maritimes d’une grande forêt communale de 963 ha. Apparaissent rapidement quelques blocs, ensuite on se sent tout petit au cœur d’un incroyable enchevêtrement de granite sculpté par l’érosion du vent, de la pluie et des embruns marins.

En fin d’après-midi, le soleil apporte un paroxysme rougeoyant aux calanques de Piana, qui s’étendent sur une dizaine de Km. Précipices et corniches étroites sont jalonnés de roches et d’aiguilles de toutes formes, parfois couronnées d’arbres verts faméliques. Une légère déclivité donne la possibilité de saisir d’un coup d’œil la beauté du bourg de Piana, campé au pied du mont San Ghiabicu (624 m), une étape idéale pour la nuit. On distingue quelques cimes enneigées de la chaîne du Monte Cinto (2 706 m). Du campanile immaculé de l’église, une chaussée dévale sur 5 Km en direction de la plage sauvage de Ficajola. Après une baignade, on s’en retourne par le même parcours, au prix d’un bel effort, suivi par un autre sur la route qui mène en une douzaine de Km à l’anse d’Arone.

À voir obligatoirement… La tour Sia, à porto

II s’agit ici de l’un des 4 bâtiments quadrangulaires encore debout en Corse. Cette tour génoise constitue l’une des nombreuses sentinelles installées au 16ème siècle aux alentours de l’île pour prévenir les invasions barbaresques. Les mâchicoulis de la terrasse dispensent un magistral point de vue.

De Piana à Cargèse

De modestes collets, comme le Bocca a Lavu (491 m), point culminant du séjour, hérissent cette cote très découpée. Au fil des multiples virages, où règnent cistes myrtes, lentisques, arbousiers et bruyères arborescentes, s’exprime le parfum entêtant d’un abondant maquis irrigué par l’Umbertacciu, qui s’écoule en direction du golfe de Chiuni. Un modeste épisode plat, ensuite on attaque de nouveaux vallonnements en prenant la direction du golfe de Peru et de Cargèse. Ici se mêlent influences corses, grecques et génoises, au fil d’une séduisante escale chargée d’histoire. Ainsi, 2 magnifiques églises de style latin et byzantin se font face. Du port, il est également possible de partir en croisière au pied des calanques et aux alentours de Porto.

À voir obligatoirement… L’église Sainte-Marie, à Piana

Ce sanctuaire rose et blanc de style italien date de la fin du 18ème siècle. Le campanile baroque a été ajouté un siècle plus tard. L’entrée s’effectue par une porte en bois polychrome finement décorée de figures géométriques. La décoration intérieure est soulignée par les magnifiques fresques du plafond.

De Cargèse à Sagone

En roulant tranquillement sur votre vélo électrique par la plage de Menasina, le rivage est ourlé de criques, de pointes rocheuses et de quelques grottes, de la même manière qu’à Molendinu. Détails très pittoresques de l’île, des tombeaux scandent le parcours. Peu après la base nautique de Stagnoli, une tour ronde génoise du 17ème siècle commande l’entrée de l’anse de Sagone, avec ses eaux transparentes. Dans cet ancien comptoir romain, on a retrouvé les traces d’une basilique primitive du 4ème siècle et d’une cathédrale pisane du 12ème siècle, témoins d’un florissant évêché.

Trône ici aussi l’étonnante figure d’Appriciani, sculptée à l’âge du bronze. Un modeste fleuve conduit au pied de Vico, la commune perchée propriétaire de ce territoire paradisiaque. De ce modeste petit port, des excursions maritimes saisonnières sont aussi possibles, alors que la plage de sable fin propose un lieu idéal pour le farniente, à moins d’une quarantaine de Km d’Ajaccio. Une magnifique conclusion pour notre parcours cycliste, où l’omniprésence de la nature s’accorde parfaitement avec les traditions festives et artisanales.

À voir obligatoirement… Les 2 églises de Cargèse

Pour les adeptes du rite latin, un modeste campanile agrémente l’édifice construit vers 1825 et 1847. La nef néoclassique, avec sa voûte en berceau, précèdes peintures du chœur. À quelques tours de roue s’élève l’endroit de culte orthodoxe, bâti vers 1852 et 1872. Derrière la façade blanche, le décor bleuté met en lumière les dorures et de grandes quantités d’icônes sur bois.